Page Principale Primaire Collège Qualifiant Concours BAC Etudes Françaises FAC CRMEF français Enseignement Sup Bibliothèque Loisirs Espace féminin
forums Albums groups

 

 


Revenir en arrière   Forums français Maroc > L'enseignement secondaire qualifiant > 1ère année > La Boîte à merveilles
 Inscription FAQ Membres Calendrier Marquer les messages comme lus

 

 

Répondre
 
Outils du sujet Affichage du sujet
  #1  
Ancien 07/01/2013, 07h50
prof.ziani prof.ziani est déconnecté
Super Moderateur
 
Inscrit : mars 2010
Lieu: prof.ziani@gmail.com
Messages: 5 710
Pouvoir de réputation: 47
prof.ziani has a reputation beyond repute prof.ziani has a reputation beyond repute
Par défaut Ahmed Sefrioui/La boîte à merveille

 

 

 

 

 

 

Ahmed Sefrioui

Écrivain marocain qui passe pour l’initiateur de la littérature marocaine d’expression française. Né à Fès en 1915, de parents berbères, il occupe quelques hauts postes administratifs d’abord aux Arts et Métiers de Fès, puis à la direction du tourisme à Rabat. Il est mort en mars 2004.
Parmi ses œuvres
Le Chapelet d’ambre (Le Seuil, 1949) : son premier roman où il évoque Fès (il obtient le grand prix littéraire du Maroc, pour la première fois attribué à un Marocain).
La boîte à merveille (Le Seuil, 1954) : La ville de Fès vue à travers le regard du petit Mohammed. Ce roman ethnographique apparaît comme le texte inaugural de ce qui est aujourd'hui la littérature marocaine d'expression française.
Ahmed Sefrioui, écrivain marocain, est né en 1915 à Fès . C’est l’un des premiers fondateurs de la littérature marocaine d’expression française. Passionné de patrimoine, il a occupé des postes administratifs aux Arts et Métiers de Fès, puis à la direction du tourisme à Rabat. Il sera à l’origine de la création de nombreux musées comme Batha, Oudaya et Bab Rouah. Il est mort en mars 2004

Ahmed Sefrioui est un écrivain marocain qui passe pour l’initiateur de la littérature marocaine d’expression française. Il est né à Fès en 1915 de parents Amazighs. Il a grandit dans la médina, d’où la présence prégnante et cet espace dans son œuvre et particulièrement dans “la Boîte à merveilles”.
Sefrioui fut fondateur du musée Al Batha à Fès, une ville omniprésente dans la majorité de ses écrits. De l’école coranique aux écoles de Fès puis arrivé à la langue française, se manifeste tout un parcours qu’on trouve aussi présent dans ses écrits (historiques). Jeune journaliste dans « l’action du peuple », puis conservateur dans le musée « Addoha » à Fès, en citant des fonctions publics à partir de 1938 aux ministères de la culture, de l’éducation nationale et du tourisme à Rabat. Il est mort en 25 février 2004.
PARMI SES OEUVRES

Le Chapelet d’ambre (Le Seuil, 1949) : son premier roman où il évoque Fès (il obtient le grand prix littéraire du Maroc, pour la première fois attribué à un Marocain).

La boîte à merveille (Le Seuil, 1954) : La ville de Fès vue à travers le regard du petit Mohammed. Ce roman ethnographique apparaît comme le texte inaugural de ce qui est aujourd’hui la littérature marocaine d’expression française.

La Maison de servitude (SNED, Algérie, 1973).

Le jardin des sortilèges ou le parfum des légendes (L’Harmattan, 1989).
L'histoire:

La Boîte à Merveille
La symphonie des trois saisons...


Premier roman de Sefrioui, La boîte à merveille, une suite de scènes et de tableaux, raconte la vie quotidienne d’une famille populaire dans la vieille ville de Fès. Dès son ouverture, le roman ne manque pas d’installer une ambiance exotique. Un regard pittoresque sur un monde plein de tendresse, de couleurs et de parfums, qui ne manque pas d’ambiguïté sur le sens du récit.
C’est bel et bien un album, pour reprendre l’expression du narrateur, dont le lecteur tournera les pages. Un album haut en couleurs qui nous fera parcourir trois saisons et nous mènera de découverte en découverte, explorer la société marocaine du début du XXème siècle : mode de vie, traditions, rituels et vision du monde. D’avoir masqué la réalité politique de l’époque, laisse entrevoir un parfum d’exotisme et fait penser à un film documentaire d’ethnographe.
LES DECLENCHEURS DU RECIT
L'équilibre initial coïncide dans la Boîte à merveilles avec une prise de conscience d'une carence, d'un manque (…moi, je ne dors pas. Je songe à ma solitude et j’en sens tout le poids) et se transforme en rupture.
La nuit et le poids de la solitude déclenchent le récit. Le narrateur (l’adulte) se penche sur son passé à la recherche de réponses possibles (Ma solitude ne date pas d’hier….P3.) ou de réconfort (pour égayer ma solitude, pour me prouver que je ne suis pas mort. P6.).
L’enquête se construira sur la mémoire fabuleuse héritée de l’enfant de six ans. (Cire fraîche...les moindres événements s’y gravaient en images ineffaçables…cet album…P6.)
Les outils de l’enquêteur sont donc les images d’un album. Portraits et paysages se succéderont au fur et à mesure qu’il en tournera les pages. L’abondance de l’imparfait est justifiée par la dominance du descriptif. La nostalgie orne le récit de couleurs, de parfums et de tendresse, la perception de l’enfant l’entraîne dans le monde du merveilleux et de la magie.



I) Le Genre Autobiographique

Le mot "autobiographie" est composé de trois racines grecques : "autos" ("soi-même"), "bios" ("la vie"), "graphie" ("écrire"). Une autobiographie est le récit qu'une personne fait elle-même de sa vie passée : elle est à la fois l'auteur, le narrateur, et le protagoniste. Dans le texte autobiographique, "je" renvoie à la fois à l'auteur qui signe et raconte et au héros qui vécut l'histoire racontée. Contrairement au "je" romanesque, le "je" autobiographique désigne donc une personne réelle ; cependant cette personne peut avoir beaucoup changé entre le moment vécu (son enfance, par exemple) et le moment ou elle écrit : la première personne du texte autobiographique renvoie donc à des "moi" différents. D'où la double énonciation.

- Narration et commentaire : le récit des évènements vécus est "rétrospectif" ce qui implique l'utilisation des temps du passé (passé simple ou imparfait) où le présent de narration.

- Mais très souvent l'auteur commente ses évènements : il utilise alors le passé composé, le futur.

-« Le pacte autobiographique » : Philippe Lejeune désigne par cette expression les conventions qui règlent la relation auteur-lecteur dans les œuvres autobiographiques. L’auteur s’engage :
* à relater les évènements vécus dans l’univers réel
* à ne pas mentir
* à tout dire
L’autobiographe est un auteur sincère, le lecteur est invité à lire l’œuvre en tenant compte de ces données : on lui demande d’accepter d’être un témoin, un confident, un juge, un complice et parfois un voyeur.

- Ces pactes autobiographiques sont souvent exprimés dans le texte, ils peuvent aussi être souscrits hors du texte, sur la couverture, dans d’autres récits, dans des interviews…


II) Les enjeux de l’autobiographie
Parler de soi : L’autobiographe raconte sa propre vie et tout particulièrement les épisodes et époques marquants. Son enfance, ses relations avec ses parents et amis, ses premières amours, ses premiers chagrins. Il est confronté au problème du temps qui fuit, du souvenir qui se brouille, des changements irréversibles de la mort. Le lecteur est son confident, de son point de vue, l’autobiographe relève du registre lyrique.

 

 



Parler pour soi : L’autobiographie sert aussi à expliquer la formation d’une personnalité et à justifier des choix, des actes. Ainsi, Rousseau entreprend-il d’écrire des « Confession » pour faire comprendre qui il est vraiment et pour persuader le lecteur qu’il est un homme bon, malgré ce que disent de lui ses détracteurs. De ce fait, l’autobiographie relève aussi de l’argumentation : elle peut se faire plaidoyer ou réquisitoire.

Faire œuvre d’art : Quel que soit son désir de sincérité et de vérité, l’écrivain qui rédige son autobiographie a préoccupation esthétique. Il choisit l’ordre de la narration, développe plus ou moins certains épisodes, adopte un ton et un style d’écriture particuliers. L’autobiographie d’écrivain n’est pas un « document » qui aurait une valeur de vérité historique, mais un mouvement qui se signale par ses qualités esthétiques.


III) Les genres proches de l’autobiographie

L’autoportrait : c’est une œuvre dans laquelle l’auteur analyse sa personnalité mais sans raconter le déroulement de sa vie (Montaigne dans « Les essais » ; 1560-1595).

Le journal intime : ce n’est pas non plus un récit rétrospectif et global puisqu’il est écrit au jour le jour avec l’énonciation du discours.

Les mémoires : ces textes ne sont pas centrés sur la vie intime de l’auteur, mais sur les évènements historiques dont il a été le témoin (Saint Simon dans « Mémoires » ; 1694-1752).

Les correspondances : les lettres apportent des informations biographiques sur leur auteur mais elles le font de manière partielle et discontinue : on ne s’écrit que lorsqu’on est séparés, de plus les sujets abordés ne sont pas les mêmes selon les correspondants. Les correspondances d’écrivain relèvent à la fois de l’entreprise biographique et de la critique littéraire : on y trouve des éclairages sur les projets de l’auteur et la genèse des œuvres.

Les biographies : elles racontent la vie de personnes célèbres et sont rédigées pas des spécialistes (historiens, critiques) ou des journalistes.

Les récits de vie : ce genre apparu récemment propose la biographie de personnes inconnues mais dont la vie est originale. Ces récits sont souvent écrits sur commande à partir de confidences recueillies au cours d’entretiens. Ce genre est très populaire mais souvent encore méprisé par les cercles lettrés.


Analyse d’extrait
II-1 Extrait 1 :
L’ouverture

Le soir, quand tous dorment, les riches dans leurs chaudes couvertures, les pauvres sur les marches des boutiques ou sous les porches (=construction qui forme un espace couvert intérieur à l'entrée. vestibule) des palais moi je ne dors pas. Je songe à ma solitude et j’en sens tout le poids. Ma solitude ne date pas d’hier
Je vois, au fond d’une impasse que le soleil ne visite jamais, un petit garçon de six ans, dresser un piège pour attraper un moineau mais le moineau ne vient jamais. Il désire tant ce petit moineau ! Il ne le mangera pas, il ne le martyrisera pas (=faire souffrir intensément. Torturer). Il veut en faire son compagnon. Les pieds nus, sur la terre humide, il court jusqu’au bout de la ruelle pour voir passer les ânes et revient s’asseoir sur le pas de la maison et attendre l’arrivée du moineau qui ne vient pas. Le soir, il rentre le cœur gros et les yeux rougis, balançant au bout de son petit bras, un piège en fil de cuivre.
Nous habitions Dar Chouafa, la maison de la voyante. Effectivement, au rez-de-chaussée, habitait une voyante de grande réputation (=opinion favorable (dont jouit quelqu'un ou quelque chose)). Des quartiers les plus éloignés, des femmes de toutes les conditions venaient la consulter. Elle était voyante et quelque peu sorcière. Adepte (=personne qui aime. Paritisan (e) de la confrérie (= association) des Gnaoua (gens de Guinée) elle s’offrait, une fois par mois, une séance de musique et de danse nègres. Des nuages de benjoin (= substance parfumée sécrétée par certains végétaux) emplissaient et les crotales (=clochette) et les guimbris nous empêchaient de dormir, toute la nuit.
(Je ne comprenais rien au rituel compliqué qui se déroulait au rez-de-chaussée. De notre fenêtre de deuxième étage, je distinguais à travers la fumée des aromates (=substance d'origine végétale, à l'odeur ou à la saveur agréables) les silhouettes gesticuler. Elles faisaient tinter (=produire des sons légers et clairs) leurs instruments bizarres. J’entendais des you-you. Les robes étaient tantôt bleu ciel, tantôt rouge sang, parfois d’un jaune flamboyant. Les lendemains de ces fêtes étaient des jours mornes, plus tristes et plus gris que les jours ordinaires. Je me levais de bonne heure pour aller au Msid, école coranique située à deux pas de la maison. Les bruits de la nuit roulaient encore dans ma tête, l’odeur du benjoin et l’encens (=substance qui dégage une fumée odorante par combustion) m’enivrait (=se laisser transporter par (quelque chose d'agréable). Se griser). Autour de moi, rôdaient (=errer) les Jnouns me frôler (=caresser) de leurs doigts brûlants, j’entendais leurs rires comme par les nuits d’orage. Mes index dans les oreilles, je criais les versets tracés sur ma planchette avec un accent de désespoir.
Les deux pièces du rez-de-chaussée étaient occupées par
la Chouafa
principale locataire. Au premier étage habitaient Dris el Aouad, sa femme Rahma et leur fille d’un an plus âgée que moi. Elle s’appelait Zineb et je ne l’aimais pas. Toute cette famille disposait d’une seule pièce, Rahma faisait la cuisine sur le palier.
Nous partagions avec Fatma Bziouya le deuxième étage. Nos deux fenêtres faisait vis-à-vis et donnaient sur le patio, un vieux patio dont les carreaux avaient depuis longtemps perdu leurs émaux (=embellissements) de couleur et qui paraissait pavé de briques. Il était tous les jours lavé à grande eau et frotté au balai de doum. Les jnouns aimaient la propreté. Les clientes de
la Chouaffa
avaient dès l’entrée une bonne impression, impression de netteté et de paix qui invitait à l’abandon, aux confidences- autant d’éléments qui aidaient la voyante à dévoiler plus sûrement l’avenir.
Il n’avait pas de clientes tous les jours. Aussi inexplicable que cela puisse paraître, il y avait la morte saison. On ne pouvait prévoir l’époque brusquement, les femmes cessaient d’avoir recours à des philtres (=boisson possédant des vertus particulières. Breuvage) d’amour, se préoccupait moins de leur avenir, ne se plaignaient plus de leurs douleurs de reins, des omoplates ou du ventre, aucun démon ne les tourmentait.
La Chouafa
choisissait ces quelques mois de trêve pour s’occuper de sa santé propre. Elle se découvrait des maux que sa science ne pouvait réduire. Les diables l’hallucinaient, se montraient exigeants quant à la couleur des caftans, l’heure de les porter, les aromates qu’il fallait brûler dans telle ou telle circonstance. Et dans la pénombre de sa grande pièce tendue de cretonne (=toile en coton résistant),
la Chouafa
gémissaient, se plaignait, conjurait (=écarter (des influences maléfiques) par des stratégies occultes)., se desséchait dans les moindre événements s’y gravaient en images d’encens et benjoin.)

J’avais peut-être six ans. Ma mémoire est une cire fraîche et les moindres événements s’y gravaient en images ineffaçables. Il me reste cet album pour égayer (=susciter la gaieté de (quelqu'un)) ma solitude, pour me prouver à moi-même que je ne suis pas encore mort.
A six ans j’étais seul, peut-être malheureux, mais je n’avais aucun point de repère qui me permît d’appeler mon existence : solitude ou malheur.
Je n’étais ni heureux, ni malheureux. J’étais un enfant seul.

 

 

 

 

 

 

Répondre en citant
Liens Sponsorisés


Répondre


Utilisateurs lisant actuellement ce sujet : 1 (0 membre(s) et 1 visiteur(s))
 
Outils du sujet
Affichage du sujet

Règles des messages
Vous ne pouvez pas créer de sujets
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets
Vous ne pouvez pas importer de fichiers joints
Vous ne pouvez pas modifier vos messages

BB codes : Activé
Smileys : Activé
BB code [IMG] : Activé
Code HTML : Désactivé


Entrer votre adresse email ICI pour recevoir les nouveautés:

 


Fuseau horaire : GMT +1. Il est 07h24.

Propulsé par vBulletin® version 3.8.4
Copyright ©2000 - 2014, Jelsoft Enterprises Ltd.
Version française par vBulletin-Ressources.com
Copyright Français Maroc