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Ancien 27/05/2012, 10h48
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Par défaut Chapitre 5. "Renée devant Phèdre"

 

 

 

 


Explication

Maxime cherche un prétexte pour rompre avec Renée. La représentation de Phèdre à laquelle ils assistent illustre le malentendu qui ronge leur couple.

 

 


I. Une scène de malentendu

1) Une structure binaire
Le texte alterne la description des personnages assistant au spectacle et la description de la représentation théâtrale.

2) L’opposition du théâtre et de la société
Le spectacle est une nécessité liée, non pas à la valeur de la pièce, mais au conformisme social (" ils voulaient voir [...] la Ristori, qui faisait alors courir tout Paris, et à laquelle la mode leur commandait de s’intéresser "). Au terme de la représentation, Maxime avoue s’être intéressé à la pièce " parce que... "

3) La divergence entre Maxime et Renée
Tandis que Renée s’intéresse aux personnages, sait " assez d’italien pour suivre la pièce " et s’identifie au personnage de Phèdre, Maxime s’intéresse aux acteurs, n’a de la pièce qu’une approche scolaire (" il se rappelait assez son répertoire classique ") et fait preuve de distanciation. Tandis qu’elle s’identifie, tout entière dans la vision, il fait preuve de distance, monopolisant la parole.

II. Identité et identification : le piège des apparences

1) L’inclusion scénique de Renée
Une série de propositions négatives (Renée " ne regarda plus, n’écouta plus "), brièvement justifiées par des notations concernant les sens (aveuglement, étouffement), s’achève sur une rupture dans le récit : Renée cesse de regarder la pièce et ferme les yeux (plus tard la fin de la pièce " lui fit rouvrir les yeux ") pour entrer dans un univers onirique.

2) Le théâtre intérieur
Renée transpose le canevas de Phèdre dans sa propre vie (les personnages, les lieux, les situations, et même les sensations et sentiments qu’elle imagine être ceux de l’héroïne tragique).

3) Les limites de l’identification
Grâce au discours indirect libre, Zola donne accès aux réflexions de Renée suscitées par le retour à la réalité (elle doit " rouvrir les yeux "). Les adjectifs péjoratifs qui caractérisent la liaison de Renée (" mesquin et honteux ") font de la question qui précède (" Aurait-elle la force de s’empoisonner, un jour ? ") une question rhétorique : le " drame " de Renée n’est que la version burlesque de la tragédie de Racine.

III. La cruauté burlesque

1) Une description burlesque
À travers les remarques de Maxime et la description de la pièce transparaît le burlesque du passage : la représentation de Phèdre, référent culturellement considéré, est décrite par des termes péjoratifs qui la rabaissent (l’acteur " pleurait son rôle ", l’actrice a de " fortes épaules " et de " gros bras "). Par contrecoup, c’est l’existence de Renée qui apparaît burlesque et dérisoire.

2) Renée, Phèdre dérisoire
Le malentendu entre Renée et Maxime (le jeune homme fait une " plaisanterie " à propos du rapport entre leur relation et la pièce) révèle le fossé qui sépare les amants : Maxime adopte une attitude de distanciation tandis que Renée s’identifie, sans la médiation d’un jugement critique. D’où, lorsqu’elle s’en aperçoit, la contamination burlesque de son rêve.

3) Une métaphore du Second Empire
Cette scène révèle le mauvais goût et l’inculture du régime, incapable de soutenir la comparaison avec les siècles classiques, et préférant les " Bouffes " et les spectacles tragi-comiques d’Offenbach.
Dans la Curée, Zola projetait d’adapter Phèdre dans le contexte du Second Empire. S’il en reprend le canevas, à travers le drame de Renée, c’est sur un mode burlesque qu’il en décrit les sentiments afférents, les personnages étant incapables de s’élever à la grandeur tragique qu’impose leur acte incestueux.



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