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Ancien 21/06/2012, 17h02
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Par défaut Zola – La Curée Le Portrait de Maxime

 

 

 

 

Zola – La Curée
Le Portrait de Maxime (Pages X à Y)


Introduction

Premier Axe : Le portrait de Maxime : un être paradoxal :
- champ lexical de l’hésitation ***uelle
- regard féminin partagé
- ambiguïté de Maxime
- morphologie
- faible présence de la virilité

Deuxième Axe : Le vice incarné dans la beauté :
- Maxime : image de la pureté
- vice inséparable du personnage : délicatesse
- personnification du vice
- naissance du vice avec Maxime
- thème classique du miroir de l’âme
- image de la courtisane et fille de joie
- supériorité de Maxime

Troisième Axe : Un portrait au service d’une démonstration :
- idées de Zola
- dimension familiale
- dégénérescence du personnage :
o accumulation des défauts
o inférieur à ses parents
o c’est son heure
o mère trop jeune

Conclusion

Introduction
Cet extrait du troisième chapitre poursuit l’histoire de Saccard et de Renée mais avec un personnage en plus : Maxime. Ce passage montre l’arrivée de Maxime à l’âge adulte et la construction de sa relation avec sa belle-mère, Renée. Il met en place le trio de personnages. Ce portrait est intéressant car il dévoile celui de Maxime et révèle les conceptions naturalistes et scientifiques de Zola.

Premier Axe : Le portrait de Maxime : un être paradoxal :
Maxime est censé être un homme, mais il réalise des actions de femme : c’est un être ambivalent.
Le champ lexical de l’hésitation ***uelle, de la coexistence homme-femme est très présent : « cet air fille », « le ***e avait dû hésiter », « l’hermaphrodite étrange » suggèrent la volonté explicite de Zola d’insister sur l’ambiguïté du personnage. On remarque une expression au style direct : « air fille » est prononcé par les dames. Ainsi, ce regard féminin provient du narrateur et est partagé par les autres.
On remarque cependant que l’hésitation est résolue vers le côté féminin : « le ***e avait hésité », « hermaphrodite », « comme une femme » sont des expressions ambiguës mais tournées vers le côté féminin. Cela est renforcé par une progression allant de l’expression vague « air fille » jusqu’à « yeux de filles » qui est plus ambigu. Cette ambiguïté est augmentée d’une série de termes : les termes « mince et joli », « la race s’affinait » et « devenait délicate » suggèrent la délicatesse, la finesse féminine. L’image de son regard (« douceur du regard ») et la longueur de ses cheveux (« cheveux bouclés ») affirment cette féminité. L’expression « créature frêle » montre sa fragilité et indique qu’il n’est ni homme ni femme : il n’a pas une image humaine. La coupe de ses vêtements le montre aussi : « pincé à la taille comme une femme ». Enfin, il danse « légèrement sur la selle » : l’équitation est adoucie, il n’y a plus d’agressivité.
Sa morphologie montre également son caractère féminin : « longues mains fluettes », « les hanches développées », « les miroirs de coquette » … Sa morphologie, ses yeux, son attitude lui donnent ce côté féminin.
Cela est renforcé par sa comparaison avec sa mère : « il ressemblait à sa mère », « mollesse de sa mère » indiquent que l’héritage maternel est plus fort.
Enfin, les références à la virilité sont très faibles : présence du « il » et de l’expression « un jeune homme ». on note une référence à l’âge : « joues roses » et « yeux bleus de l’enfant » font écho à l’enfance où la distinction homme-femme n’est pas nette.
Ainsi, l’omniprésence de la féminité donne à Maxime une image d’androgyne.

Deuxième Axe : Le vice incarné dans la beauté :
Le portrait physique est complété par une deuxième approche qui mêle psychologie et morale.
L’image de Maxime accentue sur la beauté : « joues roses », signe de bonne santé, s’oppose à « pâleur », symbole de beauté à cette époque, et donne une image de délicatesse. On note aussi la présence du stéréotype de la beauté occidentale : « pâleur blonde » et « yeux bleus » donnent une image de perfection. L’expression « il enchantait les dames » révèle son charme certain : l’imparfait « enchantait » souligne la répétition et le pluriel « les » généralise. La métaphore « dieu de cet âge » souligne sa supériorité, renforcée par l’expression « à vingt ans, au-dessus ... ». Ainsi, cette référence à l’enfance suggère la pureté et l’innocence.
Mais, cette dimension esthétique s’oppose au vice inséparable du personnage. Ce contraste apparaît, explicitement, dans le commentaire de Zola : « devenait délicate et vicieuse ». Il est, encore, visible dans « son élégance … théâtres » où l’apparence physique (« élégance correcte ») opposée à la langue (« l’argot ») révèle sa personnalité. Enfin, « il avait rêvé les ordures » renforce cette opposition.
Ce vice est développé chez Maxime : le rythme ternaire et l’accumulation « le vice chez lui … vêtement » le décrit. On observe aussi une personnification du vice, il est sujet : « le vice ondulait », « le vice souriait », « le vice l’habillait » montre qu’il possède Maxime, qu’il caractérise l’image extérieure de Maxime. On remarque également une antithèse : « le vice chez lui n’était pas un abîme … floraison » suggère que la naissance du personnage (« floraison ») correspond à celle du vice ; Maxime grandit mais le vice est partout, il transpire le vice.
Ses yeux, « deux trous bleus », sont révélateurs du fond du cerveau : c’est le thème classique du miroir de l’âme. L’expression « mais ce qu’il y avait de caractéristique, c’était » insiste sur cette observation. On remarque également que les termes positifs « yeux bleus » s’opposent aux termes vagues et infinis de la fin : « trous bleus ».
On note, aussi, que son attitude est très féminine. L’expression « miroir de coquette » donne l’impression d’une courtisane, et d’un vide : le vide de cette « coquetterie », fait d’apparence, est souligné. Puis, « vide du cerveau » est explicite : cela donne un effet de chute. L’expression « ses yeux de fille à vendre » fait passer l’image de la fille à celle de la fille de joie. « ne se passait jamais » suggère que Maxime est toujours attentif au regard des autres : il cherche à séduire (« il quêtait le plaisir »).
Ainsi, l’attitude de Maxime est aussi féminine que son physique. Zola est ambigu sur la femme : il la considère comme coquette et fille de joie, ce qui est péjoratif. Maxime est donc une femme dans son attitude, son physique et sa psychologie. La répétition du terme « plaisir » et l’expression « sans fatigue » suggèrent une logique de consommation naturelle. De plus, le présent de vérité générale et le « on » renforce cette idée de généralisation. On retrouve, aussi, cette vision du dandy dans « à vingt ans … dégoûts ». Enfin, son vice est explicite dans l’expression « il rêve les ordures les moins usitées » où l’on remarque l’accumulation dans le vice et le superlatif d’infériorité.

 

 


Ainsi, la beauté de Maxime est dangereuse : il a des sentiments positifs mais sa supériorité entraîne une dégradation physique et intellectuelle. Cela est renforcé par Zola qui le montre supérieur dans la beauté mais décadent : tout est mis en place pour une relation décadente entre Renée et Maxime.

Troisième Axe : Un portrait au service d’une démonstration :
Zola réalise ce portrait pour faire une démonstration naturaliste. Les concepts naturalistes de Zola s’appuient sur la médecine expérimentale du Dr Lucas, sur des théories Darwiniennes (théorie des espèces : observer comment une espèce s’impose), sur les théories de la dégénérescence et sur les théories génétiques (l’enfant possède le patrimoine de ses parents). Zola démontre ses théories de manière tranchée : les Rougon-Macquart montre une tare familiale qui se reproduit chez tous les enfants. Zola porte un regard moral. La dégénérescence physique s’associe ici à la morale.
Ainsi, « ressemble à Angèle », « race des Rougon », « né d’une mère », « les appétits de son père »… montrent qu’il appartient à cette famille. Puis, l’expression « produit défectueux » le montre comme un résultat, une marchandise ratée, mal façonnée, inhumaine. Les théories génétiques de Zola sont visibles dans l’expression « un singulier mélange … mène » qui montre Maxime ayant le patrimoine de son père et de sa mère mais les termes « disséminé » et « heurte » suggèrent son mauvais fonctionnement. On remarque que Zola oppose, aussi, Angèle, douce et pâle et indolente, à Saccard, ayant un appétit furieux et une volonté âpre. L’énergie du père s’oppose à la mollesse de sa mère et donne Maxime : un être complexe.
Cet extrait révèle également la dégénérescence du personnage : il est compliqué. Les termes « pas même » et « indolente et nulle » suggèrent que Maxime est inférieur à sa mère, présentée très négativement. Maxime est le produit des défauts : il les accumule (« produit défectueux ») et le registre négatif indique que cela empire. En plus de son infériorité par rapport à sa mère, la phrase « et qui n’était plus … fortunes faites » montre qu’il n’y a aucune volonté, au contraire de Saccard. Sa comparaison avec son père est dépréciée : la volonté s’oppose à la lâcheté. Cela est renforcée par la logique de consommation de Maxime : « âpre au gain » contraste avec « fortunes faites » et montre l’annihilation de toute volonté. Maxime détruit, consomme le patrimoine des autres. L’expression « venu à son heure » indique que c’est un produit attendu : Maxime est à sa place dans cette société qui produit des êtres décadents physiquement et mentalement. Zola la décrit. Ainsi, « mère trop jeune » suppose que l’âge de sa mère est la cause de cette dégénérescence et que cela était inévitable. Enfin, « famille … trop vite » suggère l’excès. On remarque un élargissement de la mère à la famille, puis à la société dans cette dégénérescence sociale, physique et ***uelle de la société.

Conclusion
Ce texte est représentatif du naturaliste tel que Zola l’a conçu. Les théories de l’hérédité sont clairement exposées par le biais d’un exemple précis, le personnage de Maxime, qui permet d’illustrer l’idée, chère à Zola, d’une décadence physique associée à une décadence morale et sociale. Maxime apparaît donc comme le représentant d’une société « pourrissante ». Seulement, derrière le travail du scientifique, se dessine un jugement moral dont on peut remettre en cause l’objectivité : la jeunesse est condamnée par Zola alors qu’il n’est pas prouvé que les parents sont à l’origine de cette dégénérescence ; et Zola fait une description de Maxime très péjorative.

 

 

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