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Revenir en arrière   Forums français Maroc > L'enseignement secondaire qualifiant > 1ère année > L'homme à la cervelle d'or
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Ancien 08/09/2018, 12h51
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Par défaut pour l'étude de la narration, qui illustre une leçon de philosophie

 

 

 

 

- isotopie lexicale de l'oiseau, métaphores aviaires : « sautiller » ligne 62 – périphrase « petit oiseau bleu » à valeur hypocoristique – « moitié oiseau moitié poupée » ligne 54
- domaine lexical de la dévoration (« manger le crâne » : cf les oiseaux du lac Stymphale, aventures d'Héraclès (Hercule) dans la mythologie grecque
- thème du dépouillement, de la dilapidation : « piécettes ... fondaient » ligne 55 (hyperbolisation du propos, valeur hyperbolique du verbe « fondre » : thème de la femme « croqueuse de diamants », de la pilleuse (vampirisation de l'homme)
- signification de la métaphore filée de la femme oiseau : futilité de la femme, caractère capricieux, la pécore qui agit comme une pie voleuse (qui « picore » le « bel or fin » de son mari) – thème de la beauté fatale : femme vénale, la coquette qui minaude
- renforcement de cette idée par la péjoration « un fouillis d'étoffe » ligne 74 : la femme vénale, la femme potiche, qui n'est intéressée que par ses petits chiffons (les « pompons ») une profiteuse écervelée (autre sens de la métaphore aviaire : avoir une cervelle de moineau)
- image de la poupée : cf « Une Maison de Poupée » - 1879 - drame en trois actes du norvégien Henrik Ibsen ,histoire de Helmer, avocat et de sa femme Nora, thème de la femme-poupée – Livre de Poche – Texte intégral - Traduction de Marc Auchet -
- thème de la désespérance, du désespoir (lignes 72 à74), anéantissement du héros (clausule ou excipit : expression pathétique «et las de souffrir ») : morbidité du discours, à la fois pathétique (qui suggère le sentiment de pitié, de compassion) et tragique (thème de la mort)

- fausse question rhétorique « que lui importait son or » (lignes 68-69) qui implique la participation, la complicité du lecteur avec le narrateur : dynamique de la narration qui mêle le discours direct au récit (interrogatives, exclamatives)
- rôle identique des modalisateurs : « le pauvre homme » : traces de la subjectivité dans le discours auctorial (le sort s'acharne sur le héros, notion de destin tragique, de fatalité)
- fatalité du destin : le temps est compté, scansion du temps dans le récit (symbolique du cygne) ; les périodes de latence dans la narration (suspense, dilatation du temps, précipitation finale des événements)
- style extrêmement épuré, qui bannit les longs dialogues, les descriptions fastidieuses : Daudet s'en tient à une narration strictement factuelle (fluidité, simplicité), refus de l'anecdotique ; Daudet fait monter une étrange tension dramatique, le récit est sous-tendu par une méditation philosophique qui contribue à la tranquillité angoissante de la narration
- l'inconsolable souffrance du héros : l'harmonie est rompue ? (pas d'évolution significative entre la situation initiale et la situation finale, ce qui contredit le schéma type du conte défini par Vladimir Propp), la mort semble être la seule échéance : la « cervelle d'or » est la métaphore de la déchirure (on a volé les rêves, les illusions du héros)

pour l' étude de la morale
- un conte qui est avant tout le récit, rageur et désolé, d'une violente désillusion
- réseau des oppositions : superficialité des sentiments féminins (« oiseau » ; « aimait bien » par opposition à aimer), frivolité de la femme versus la profondeur des sentiments du héros (« du fond de son âme », locution prépositive à fonction adverbiale – adverbe de manière- valeur superlative de l'expression)/ rôle de la locution conjonctive « bien que » qui introduit une ironisation progressive du propos

 

 


- contraste des sentiments : la joie, l'euphorie (« il devint amoureux » - ligne 50) et la dysphorie (les égarements de l'âme du héros, les tourments contradictoires de son esprit)
- opposition entre d'une part la richesse matérielle et la pauvreté ou la médiocrité sentimentale (source de tristesse, de douleur pour le héros)
- métaphore de la « cervelle d'or» : un « don monstrueux » (lignes 30 et 31) : rôle du secret comme fardeau à porter, des richesses intérieures cachées (l'incompréhension aboutit à la solitude, au sentiment d'abandon du héros)
- le héros est à la poursuite d'une chimère (l'amour, une tempête qui va s'abattre sur lui) : un moi écartelé (à cause de l'abîme qui sépare l'homme et la femme) et enfin disloqué à la fin du récit
- le sort de l'écrivain (« l'homme à la cervelle d'or » = le poète ; les auteurs littéraires par généralisation) : l'écriture littéraire ne semble pas être un moyen de s'en sortir, de triompher de la mort (le talent, les dons talentueux sont incompris par les autres, donc l'écriture est une voie sans issue, en tous les cas une réalité douloureuse
- celui qui croit en l'Art (l'écrivain) pense à tort avoir droit à son comptant de satisfaction, mais ce n'est pas le cas, le talent n'est pas récompensé) : la narration consiste dans un dépeçage d'un idéal empoisonné par les morsures du mensonge
- thème de la différence : l'histoire dansante de la femme est totalement étrangère à celle du héros, à ses attentes (maladie de la légèreté de la femme-oiseau vs maladie de l'insoutenable profondeur du héros, maladie de l'amour-passion)

Conclusion : rôle de la fiction ; entrer dans une intrigue, c'est sy' laisser prendre, attendre les rebondissements et bien sûr le dénouement (tension émotionnelle forte) ; on sait pertinemment que ces personnages n'existent pas ; pessimisme cruel de l'auteur qui tourne le dos à l'imaginaire romantique magnifiant l'écrivain ou valorisant l'écriture comme une expérience initiatique ; l'apologue, le conte, les fictions littéraires (qui servent comme une espèce d'instrument d'optique qui sert au lecteur afin de lui permettre de discerner ce qui peut être vu), disent mieux que toute autre forme d'expression, la vérité de la société (même si dans ce texte, Daudet décline le cliché de la beauté fatale, de la femme vénale, de l'étrangeté monstrueuse – mais après tout, le « bizarre » n'est-il pas une entorse à l'ordinaire ou mieux l'ordinaire lui-même poussé dans ses derniers retranchements ? - au risque de neutraliser les effets de miroir).
- l'apologue est comme un laboratoire aux dimensions de la planète, où les humains sont observés par le savant comme des souris blanches enfermées dans leur cage (la société)
- rôle de l'imagination du lecteur : l'imaginaire se glisse entre les interstices de la narration pour élaborer sa propre intrigue
- humour plein de cruauté, acidulé de l'auteur, acidité du regard qu'il porte sur le monde en général : pessimisme foncier de Daudet, à faire froid dans le dos, la conclusion (leçon morale) ne laisse guère au lecteur le soin de composer avec ses propres doutes
- misogynie outrancière de Daudet qui rappelle l'épigramme du roman « Carmen » de Prosper Mérimée (1845) : « Toute femme est comme le fiel : mais elle a deux bonnes heures, une au lit, l'autre à sa mort » - citation de Palladas, philosophe grec du V° siècle de notre ère, extraite de l' « Anthologie Palatine » (ce récit a inspiré le compositeur Georges Bizet pour la création de son opéra Carmen représenté le 3 mars 1875 – histoire de don José Lizarrabendoa, brigadier dans le régiment d'Almanza et de la gitanilla bohémienne Mlle Carmencita – Carmen- rencontrée sur les rives du Guadalquivir à Séville)

 

 

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