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Ancien 18/11/2010, 17h28
karim karim est déconnecté
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Par défaut VI- Insérer un dialogue dans un récit (l’énonciation) S1

 

 

 

 

TEXTE

Je repars demain

Mme Hansen tient une auberge à Dal, en Norvège. Elle vit seule avec ses deux enfants, Hulda et Joël. Hulda attend son fiancée Ole, parti depuis un an sur un bateau de pêche et s’inquiète de ne pas le voir revenir. Joël sert de guide aux touristes. Après quelques jours d’absence, Joël est de retour ; Sa sœur l’attend à l’embarcadère.

Enfin, il atteignit la rive opposée et se jeta dans le petit bac. En quelques coups d’aviron, il eut franchi les violents remous du cours d’eau. Puis, sautant sur la berge, il fut près de sa sœur.
-«Ole est-il de retour ? » demanda-t-il.
C’est à Ole qu’il pensa tout d’abord. Mais sa demande fut laissée sans réponse.
-« Pas de lettre de lui ?
-« Pas une ! »
Et Hulda s’abandonna à ses larmes.
-« Non, s’écria Joel, ne pleure pas, chère sœur, ne pleure pas. Tu me fais trop de mal !... Je ne peux pas te voir pleurer !...
-« C’est plus fort que moi, frère !
-Hulda !... Hulda !... Ne perds pas courage ! … Je t’assure que, moi, je ne suis pas désespéré !
-Dois-je te croire, Joel ?
-Oui, tu le dois ! Mais pour te rassurer, veux- tu que je parte pour Bergen, demain matin… ce soir ?...
-Je ne veux pas que tu me quittes !... Non !... Je ne le veux pas ! » Répondit Hulda, en s’attachant à son frère comme si elle n’avait plus que lui au monde.
Tous deux reprirent alors le chemin de l’auberge. Mais il s’était mis à pleuvoir, et même la rafale devint si violente qu’ils durent se réfugier dans la hutte du passeur, à quelques centaines de pas en arrière des rives du Maan.
Là, il fallait attendre qu’il se fit quelque accalmie.(…)
La pluie avait cessé. Tous deux sortirent de la hutte et remontèrent le sentier afin de regagner l’auberge.
A propos, dit alors Joel, je repars demain.
-Tu repars ?...

 

 


-Oui, dès le matin.
-Déjà, frère ?
-Il le faut, Hulda. En quittant le Hardanger, j’ai été prévenu par un de mes camarades qu’un voyageur venait du nord par les hauts plateaux du Rjukanfos où il doit arriver demain. (…)
J. Verne, Un billet de loterie : le numéro 9672

Le narrateur peut insérer dans les passages narratifs des paroles de personnages au style direct : elles sont rapportées telles qu’elles ont été prononcées et peuvent traduire les émotions et les sentiments. Ces paroles sont identifiables grâce aux signes typographiques : guillemets (au début et à la fin des répliques), tirets pour signaler le changement d’interlocuteur.
Les répliques sont introduites, coupées ou suivies par des verbes dits de paroles qui permettent d’identifier les interlocuteurs, le ton (voix, intonation) ou les gestes.

a- La situation d’énonciation

Dans un récit au passé, le narrateur ne partage pas la même situation d’énonciation que les personnages qui parlent.
Rappelons qu’un énoncé est un message, oral ou écrit, adressé par un énonciateur ou émetteur à un destinataire. Et pour comprendre un énoncé, il faut analyser la situation d’énonciation, c’est-à- dire se demander :
-Qui est l’énonciateur ?
-Qui est le destinataire ?
-Où l’énoncé a-t-il été produit ?
-A quel moment ?
Le niveau de langage utilisé par l’énonciateur dépend de la situation d’énonciation, autrement dit, en fonction des relations existant entre l’énonciateur et le destinataire, le niveau de langage peut être familier, courant ou soutenu (recherché).
-Le niveau de langage familier est caractérisé par l’emploi de termes familiers et d’incorrections grammaticales comme les négations incomplètes à titre d’exemple.
-Le langage courant est le langage usuel, sans incorrections mais sans recherche particulière.
-Le langage soutenu est caractérisé par l’emploi de termes et de constructions recherchés.

b- Les différentes formes de discours

Est appelé discours tout énoncé produit dans une situation d’énonciation précise et avec une intention déterminée qu’on appelle « visée » : (faire rire, susciter une émotion, convaincre…). Le discours narratif est utilisé pour raconter une histoire.
Le discours descriptif, quant à lui, sert à décrire et à caractériser un lieu, un objet ou un être. Or, pour convaincre, on recourt au discours narratif pour faire partager une opinion. Et pour ce faire, on emploie des arguments, c’est-à-dire des preuves ou des raisons pour soutenir sa position.

c- L’énoncé ancré dans la situation d’énonciation

-Dans un dialogue, réel (conversation, téléphone, lettre) ou fictif (roman, théâtre), l’énonciation est directe, c’est-à-dire que l’énonciateur et le destinataire sont en présence l’un de l’autre. On dit alors que l’énoncé est ancré dans (ou en rapport avec) la situation d’énonciation.
L’énonciation directe se caractérise par des indices d’énonciation, un niveau de langage, un système temps spécifiques.

 

 

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Ancien 18/11/2010, 17h29   #2
karim
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-Les indices d’énonciation sont :
*-des pronoms personnels de la première et de la seconde personne (je, tu, nous, vous) ainsi que des déterminants possessifs s’y référant (mon, ton…) ;
*-des indications spatio-temporelles (ici, maintenant, hier, demain…).
Ces indices ne se comprennent que si l’on connaît précisément la situation d’énonciation. On les appelle aussi déictiques.
- Le niveau de langage dépend de la situation d’énonciation.
-Le système temps présent : le présent est le temps de référence, il est utilisé pour exprimer des faits qui se déroulent au moment où l’énoncé est produit (moment de l’énonciation). Les autres temps de ce système sont :
1- le passé composé qui rapporte des faits passés (premier plan) ;
2-l’imparfait, pour ce qui constitue l’arrière-plan (descriptions, répétitions, habitudes) ;
3- le futur pour les faits à venir.
Notons que le passé simple est exclu de ce système.

Au théâtre, la situation d’énonciation est particulière : les répliques s’adressent aux autres personnages mais aussi aux spectateurs. Dans ce cas, on parle de double énonciation. Dans un échange par lettre, par ailleurs, l’émetteur et le destinataire ne sont pas en présence l’un de l’autre, on dit alors que l’énonciation est différée.

L’énoncé coupé de la situation d’énonciation

-Dans un récit au passé (roman, conte…), l’énoncé ne renvoie pas à la situation d’énonciation du narrateur, on dit quel’énoncé est coupé(en dehors) de la situation d’énonciation. Ce type d’énoncé ne comporte pas d’indices d’énonciation. En effet, il n’y a ni pronom personnel de la deuxième personne, ni indications spatio-temporelles qui renvoient à la situation d’énonciation mais, il ya l’emploi d’adverbes tels que : le lendemain, la veille, ce jour-là, là

1-Le passé simple est le temps de référence. Il exprime des actions passées qui sont mises au premier plan. Les autres temps de ce système sont :
2- le plus-que-parfait pour exprimer une action antérieure dans le passé ;
3-l’imparfait pour exprimer l’arrière-plan ;
4- le conditionnel présent pour exprimer des actions futures dans le passé.
Quand le narrateur choisit d’insérer un dialogue dans un récit au passé, les deux systèmes d’énonciation alternent, celui du narrateur dans les passages narratifs (énoncé coupé de la situation d’énonciation, temps de référence : passé simple) et celui des personnages dans le dialogue (énoncé ancré dans la situation d’énonciation des personnages, temps de référence : présent).

 

 



d- Les principales fonctions du dialogue

Le dialogue revêt différentes fonctions au sein du récit. Il permet de :
-présenter et caractériser un personnage (fonction de caractérisation) ;
-faire connaître au lecteur les éléments d’une situation, lui fournir des informations sur le cadre, les circonstances, l’intrigue… (Fonction d’exposition) ;
-faire avancer l’action (fonction de dramatisation).
Toutes ces fonctions peuvent être assumées par le narrateur lui-même dans les passages narratifs ou descriptifs. Le choix du dialogue confère de la vivacité au récit puisque les personnages expriment directement leurs émotions et leurs sentiments.
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Ancien 18/11/2010, 17h29   #3
karim
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e- Auteur, narrateur et personnage

L’auteur est l’écrivain qui imagine et écrit une histoire. Il choisit un narrateur qui racontera l’histoire. Ce narrateur peut être un personnage de l’histoire ; il la raconte alors à la première personne.
Il peut être également extérieur à l’histoire et il la raconte à la troisième personne.
L’auteur peut, par ailleurs, raconter sa propre histoire : l’auteur, le narrateur et le personnage sont donc une seule et unique personne.
Identifier le statut du narrateur, c’est dire si le narrateur est un personnage de l’histoire ou s’il est extérieur à l’histoire.
Le narrateur peut intervenir pour faire un commentaire et lorsque le récit est au passé, ces commentaires sont au présent d’énonciation.

f- Le schéma narratif

Entre le début et la fin du récit, la situation des personnages évolue et se transforme. Une succession d’événements permet le passage de l’un à l’autre. Et tout récit peut être résumé en fonction d’un schéma narratif simple qui prend en compte la succession logique des événements :
a-Une situation initiale qui présente les circonstances de départ (personnages, lieu, époque…) ;
b-un élément déclencheur qui permet de lancer l’action et remet en cause l’état initial ;
d-une série d’actions qui s’enchainent ; elle modifie la situation des personnages. Elle peut prendre la forme de péripéties, de rebondissements ou de coups de théâtre.
e-un dernier événement qui permet à l’action de se dénouer (dénouement ou résolution) ;
f-une situation finale qui instaure un nouvel équilibre heureux ou malheureux des personnages à la fin du récit.

Le récit peut être décomposé en une suite d’épisodes qui se présentent comme autant de micro-récits. Chaque épisode peut être résumé en fonction du schéma narratif. Leur enchainement constitue l’intrigue. Cette construction est très fréquente dans les romans divisés en parties ; chaque partie fait passer d’un état initial à un état final qui devient le point de départ de la partie suivante.

g- Le schéma actantiel

Le schéma actantiel permet d’identifier les forces agissantes (appelées aussi actants) qui s’exercent sur un personnage. Il faut se poser les questions suivantes à propos de ce personnage qu’on appelle alors sujet :

 

 


-qui le pousse à agir (qui est le destinataire) ? Il peut s’agir d’un autre personnage, d’une force intérieure (amour, haine, jalousie, vengeance…) ;
-que cherche à obtenir le personnage (quel est l’objet de sa quête) ? Ce peut être l’amour, l’argent, le pouvoir…
Qui va l’aider (adjuvant) ? Ce peut être un autre personnage, son courage , sa ruse…
-Qui va s’opposer à lui (opposant) ?
-A qui la quête profite-t-elle (qui est le bénéficiaire) ? Elle peut profiter au personnage lui-même ou à un autre personnage.

h-Les temps du récit

Dans un récit au passé, le passé simple est utilisé pour raconter des actions de premier plan qui se succèdent et font avancer l’histoire.
-L’imparfait est utilisé pour présenter l’arrière plan de l’histoire, c’est-à-dire :
1-les descriptions (ex : Qu’elle était belle la chèvre de Mr Seguin !) ;
2-les actions répétées ou habituelles (ex : il les perdait toutes de la même façon).

i- Les visées d’un récit

Un récit présente toujours une visée : le narrateur cherche toujours à produire un effet sur son destinataire. Il peut raconter pour , émouvoir, faire peur, faire rire, donner un renseignement…
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