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Ancien 17/05/2018, 14h57
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Par défaut « La Légende de l’homme à la cervelle d’or »

 

 

 

 

I. TEXTE
Alphonse Daudet (1840-1897), Lettres de mon moulin (1866)
« La Légende de l’homme à la cervelle d’or »



A la dame qui demande des histoires gaies.

En lisant votre lettre, madame, j'ai eu comme un remords. Je m'en suis voulu de la couleur un peu trop demi-deuil de mes historiettes, et je m'étais promis de vous offrir aujourd'hui quelque chose de joyeux, de follement joyeux.
Pourquoi serais-je triste, après tout ? Je vis à mille lieues des brouillards parisiens, sur une colline lumineuse, dans le pays des tambourins et du vin muscat. Autour de chez moi tout n'est que soleil et musique ; j'ai des orchestres de culs-blancs1, des orphéons2 de mésanges ; le matin, les courlis3 qui font "Coureli ! coureli !", à midi, les cigales, puis les pâtres qui jouent du fifre4, et les belles filles brunes qu'on entend rire dans les vignes... En vérité, l'endroit est mal choisi pour broyer du noir ; je devrais plutôt expédier aux dames des poèmes couleur de rose et des pleins paniers de contes galants.
Eh bien, non ! Je suis encore trop près de Paris. Tous les jours, jusque dans mes pins, il m'envoie les éclaboussures de ses tristesses... A l'heure même où j'écris ces lignes, je viens d'apprendre la mort misérable du pauvre Charles Barbara5 ; et mon moulin en est tout en deuil.
Adieu les courlis et les cigales ! Je n'ai plus le cœur à rien de gai... Voilà pourquoi, madame, au lieu du joli conte badin6 que je m'étais promis de vous faire, vous n'aurez encore aujourd'hui qu'une légende mélancolique.

Il était une fois un homme qui avait une cervelle d'or ; oui, madame, une cervelle toute en or. Lorsqu'il vint au monde, les médecins pensaient que cet enfant ne vivrait pas, tant sa tête était lourde et son crâne démesuré. Il vécut cependant et grandit au soleil comme un beau plant d'olivier ; seulement sa grosse tête l'entraînait toujours, et c'était pitié de le voir se cogner à tous les meubles en marchant... Il tombait souvent. Un jour, il roula du haut d'un perron et vint donner du front contre un degré7 de marbre où son crâne sonna comme un lingot. On le crut mort, mais en le relevant, on ne lui trouva qu'une légère blessure, avec deux ou trois gouttelettes d'or caillées dans ses cheveux blonds. C'est ainsi que les parents apprirent que l'enfant avait une cervelle en or.
La chose fut tenue secrète ; le pauvre petit lui-même ne se douta de rien. De temps en temps, il demandait pourquoi on ne le laissait plus courir devant la porte avec les garçonnets de la rue.
On vous volerait, mon beau trésor ! lui répondait sa mère...
Alors le petit avait grand'peur d'être volé ; il retournait jouer tout seul, sans rien dire, et se trimballait8 lourdement d'une salle à l'autre...
A dix-huit ans seulement, ses parents lui révélèrent le don monstrueux qu'il tenait du destin : et, comme ils l'avaient élevé et nourri jusque-là, ils lui demandèrent en retour un peu de son or. L'enfant n'hésita pas ; sur l'heure même, - comment ? par quels moyens ? la légende ne l'a pas dit, - il s'arracha du crâne un morceau d'or massif, un morceau gros comme une noix, qu'il jeta fièrement sur les genoux de sa mère... Puis, tout ébloui des richesses qu'il portait dans la tête, fou de désirs, ivre de sa puissance, il quitta la maison paternelle et s'en alla par le monde en gaspillant son trésor.

Du train dont il menait sa vie, royalement, et semant l'or sans compter, on aurait dit que sa cervelle était inépuisable... Elle s'épuisait cependant, et à mesure on pouvait voir les yeux s'éteindre, la joue devenir plus creuse. Un jour enfin, au matin d'une débauche folle, le malheureux, resté seul parmi les débris du festin et les lustres qui pâlissaient s'épouvanta de l'énorme brèche qu'il avait déjà faite à son lingot : il était temps de s'arrêter.
Dès lors, ce fût une existence nouvelle. L'homme à la cervelle d'or s'en alla vivre à l'écart, du travail de ses mains, soupçonneux et craintif comme un avare, fuyant les tentations, tachant d'oublier lui-même ces fatales richesses auxquelles il ne voulait plus toucher... Par malheur, un ami l'avait suivi dans sa solitude, et cet ami connaissait son secret.

 

 


Une nuit, le pauvre homme fut réveillé en sursaut par une douleur à la tête, une effroyable douleur ; il se dressa éperdu, et vit, dans un rayon de lune, l'ami qui fuyait en cachant quelque chose sous son manteau...
Encore un peu de cervelle qu'on lui emportait !...
*A quelque temps de là, l'homme à la cervelle d'or devint amoureux, et cette fois tout fut fini...
Il aimait du meilleur de son âme une petite femme blonde, qui l'aimait bien aussi, mais qui préférait encore les pompons, les plumes blanches et les jolis glands mordorés9 battant le long des bottines.
Entre les mains de cette mignonne créature, - moitié oiseau, moitié poupée, - les piécettes d'or fondaient que c'était un plaisir. Elle avait tous les caprices ; et lui ne savait jamais dire non ; même, de peur de la peiner, il lui cacha jusqu'au bout le triste secret de sa fortune.
- Nous sommes donc bien riches ? disait-elle.
Le pauvre homme lui répondait : - Oh ! oui... bien riches !
Et il souriait avec amour au petit oiseau bleu qui lui mangeait le crâne innocemment.
Quelquefois cependant la peur le prenait, il avait des envies d'être avare ; mais alors la petite femme venait vers lui en sautillant, et lui disait : Mon mari, qui êtes si riche ! Achetez-moi quelque chose de bien cher...
Et il lui achetait quelque chose de bien cher.
Cela dura ainsi pendant deux ans ; puis, un matin, la petite femme mourut, sans qu'on sût pourquoi, comme un oiseau... Le trésor touchait à sa fin ; avec ce qui lui restait, le veuf fit faire à sa chère morte un bel enterrement. Cloches à toute volée, lourds carrosses tendus de noir, chevaux empanachés, larmes d'argent dans le velours, rien ne lui parut trop beau. Que lui importait son or maintenant ?... Il en donna pour l'église, pour les porteurs, pour les revendeuses d'immortelles10 ; il en donna partout, sans marchander... Aussi, en sortant du cimetière, il ne lui restait presque plus rien de cette cervelle merveilleuse, à peine quelques parcelles aux parois du crâne.
Alors on le vit s'en aller dans les rues, l'air égaré, les mains en avant, trébuchant comme un homme ivre. Le soir, à l'heure où les bazars s'illuminent, il s'arrêta devant une large vitrine dans laquelle tout un fouillis d'étoffes et de parures reluisait aux lumières, et resta là longtemps à regarder deux bottines de satin bleu bordées de duvet de cygne. "Je sais quelqu'un à qui ces bottines feraient bien plaisir ", se disait-il en souriant ; et, ne se souvenant déjà plus que la petite femme était morte, il entra pour les acheter.
Du fond de son arrière-boutique, la marchande entendit un grand cri ; elle accourut et recula de peur en voyant un homme debout, qui s'accotait au comptoir et la regardait douloureusement d'un air hébété. Il tenait d'une main les bottines bleues à bordure de cygne, et présentait l'autre main toute sanglante, avec des raclures d'or au bout des ongles.

Telle est, madame, la légende de l'homme à la cervelle d'or. Malgré ses airs de conte fantastique, cette légende est vraie d'un bout à l'autre... Il y a par le monde de pauvres gens qui sont condamnés à vivre de leur cerveau et paient en bel or fin, avec leur moelle et leur substance, les moindres choses de la vie. C'est pour eux une douleur de chaque jour ; et puis, quand ils sont las de souffrir...*

1 culs-blancs : oiseaux.
2 orphéons : instruments de musique.
3 courlis : oiseaux dont la taille varie de celle du pigeon à celle du corbeau.
4 fifre : petite flûte en bois au son aigu et perçant.
5 Charles Barbara : auteur de romans et de contes sombres et fantastiques, il collabora aux mêmes journaux qu'Alphonse Daudet. II se suicida après la mort de sa femme.
6 conte badin : récit gai et léger.
7 degré de marbre : marche d'un escalier.
8 trimballait : argot pour se déplacer.
9 mordorés : d'un brun chaud aux reflets dorés.
10 immortelles : fleurs jaunes souvent employées dans la confection des couronnes funéraires.

II. Question
Après avoir lu attentivement le texte, vous dégagerez brièvement la morale, puis vous direz à quel(s) genre(s) on peut le rattacher. Vous justifierez votre réponse. (4/20)

III. Dissertation
« Malgré ses airs de conte fantastique, cette légende est vraie d’un bout à l’autre… » écrit Alphonse Daudet dans la Légende de l’homme à la cervelle d’or.

Vous vous demanderez pourquoi certains écrivains ont recours à la fiction pour transmettre des vérités ou des leçons.

 

 

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prof.ziani
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Question (4 points)
La morale
Malgré la relative longueur du passage proposé, une morale se dégage de l’ensemble. Cette dernière peut être exprimée ainsi : des gens passent leur vie à répandre autour d’eux le bien mais au final ils en retirent bien plus de négatif que de positif.

Ces gens là passent leur vie à répandre le bien grâce à leurs qualités et leurs efforts. Mais au final ils n’en tirent aucun bénéfice être personnel. Voire même, ils en sont malheureux.

L’homme à la cervelle d’or nait avec une particularité (une cervelle d’or). Toute sa vie ses proches en profitent (parents, amis et femme) que ce soit de manière consciente ou inconsciente.

Toutefois l’homme à la cervelle d’or ne tire pas d’avantages de cette situation : il ne semble pas vraiment heureux (enfance gâchée, vie de couple basée sur l’intérêt) et connait une fin tragique car il semble proche de la mort à la fin du conte.

Le(s) genre(s)
Cet extrait des lettres de mon moulin est une légende à première vue plutôt enfantine. Mais cela n’est pas le cas car plusieurs messages implicites jalonnent le passage.

Cette légende possède une forte connotation de conte fantastique. La structure l’indique clairement : il commence par « il était une fois » et A. Daudet fini par « telle est […] la légende de l’homme à la cervelle d’or » pour clôturer la narration. Enfin A. Daudet utilise seulement quelques personnages. Ses derniers sont assez stéréotypés (amis « intéressés » l46, femme dépensière très belle l55). Cela est très utilisé dans les contes

 

 



L’aspect fantastique, lui, est présent du fait des éléments surnaturels. A. Daudet ne s’embarrasse pas de vraisemblance scientifique. Ce qui est normal pour un conte fantastique. Les éléments qui amènent l’aspect fantastique sont, ente autre, la manière dont sa tête est remplie d’or ou encore la gouttelette qui coule l23.

En second lieu cette légende est rattachable au genre de l’autobiographie car l’enfant à la cervelle d’or fait penser Charles Barbara, l’ami d’A. Daudet.

Des parallèles sont réalisables : ils n’étaient pas inconnus (comme l’homme à la cervelle d’or), sa femme meurt (l65). A la fin on peut associer l’acte de l’homme à la cervelle d’or à un suicide (l81).

Ensuite le genre philosophique n’est pas négligeable. Car cette légende comporte une morale, véritable pensée philosophique. Cette dernière jalonne le texte (parallèle de l’enfant prodigue, la peau de chagrin de Blazac)

Enfin les premiers paragraphes rappellent le genre épistolaire. En effet A. Daudet s’y exprime comme dans une lettre. En outre la mention « A la dame qui demande des histoires gaies » renforce cette seconde hypothèse.

Au sein du dernier paragraphe A. Daudet nous livre la morale. Ce dernier nous avertit également que « Malgré ses airs de conte fantastique, cette légende est vraie d'un bout à l'autre... ». Cet élément nous permet d’affirmer que nous sommes en présence d’un apologue, qui est, rappelons le, une œuvre à teneur didactique, à visée pédagogique, un récit court et souvent plaisant

Dissertation (16 points)
« Malgré ses airs de conte fantastique, cette légende est vraie d’un bout à l’autre… » écrit Alphonse Daudet dans la Légende de l’homme à la cervelle d’or.

Vous vous demanderez pourquoi certains écrivains ont recours à la fiction pour transmettre des vérités ou des leçons.

Introduction
Depuis des millénaires l’homme fait passer des messages. Ces derniers peuvent être véhiculés par la vue (peintures rupestres présentes dans les grottes de Chauvet et de Lascaux, monuments historiques tels que les viaducs romains, les hiéroglyphes et les arènes), l’ouïe, le toucher, le gout ou encore l’odorat.

Chaque message peut être véhiculé par différents biais et de différentes manières. Les écrivains en sont depuis toujours conscients. Mais pourquoi ont-ils parfois recours à la fiction pour transmettre des vérités ou des leçons ?

Tout d’abord n’est-ce pas pour des raisons d’ordre pratiques qu’ils ont recours à de tels procédés, ensuite ne permet-il pas de renforcer le message et, enfin, la fiction n’est-elle pas le passage nécessaire à certaines pensées philosophiques.

I/ La fiction : pour des raisons pratiques
IA/ Réduire les risques pour l’œuvre et l’auteur
Incontestablement, la fiction est un outil qu’ont utilisé de nombreux écrivains. Cela est toujours d’actualité pour les écrivains contemporains.

Un des plus connus est La Fontaine qui, dans ses fables, a eu recours à la fiction. Il y fait jouer des animaux et très rarement des hommes.

Nous pouvons citer deux fables pour étayer notre raisonnement :

Dans la cours du lion La Fontaine écrit « Sa grimace déplut. Le Monarque irrité / L'envoya chez Pluton faire le dégoûté». Il va même plus loin car la morale de la fable est double. La première, explicite, est une satire des courtisans. La seconde, implicite, est la critique de l’arbitraire royal à mots couverts.

Dans la fable du dépositaire infidèle IX-1, l’utilisation de la fiction est ouvertement abordée : « sous les habits du mensonge / Nous offre la vérité ».

Voltaire, dans Candide, utilise la fiction pour que le lecteur puisse suivre la parcours initiatique propose par l’auteur.

Le recours à la fiction peut donc être utilisé dans le but de réduire les risques de censure, très en vogue dans l’ancien temps. Il est important de noter qu’une censure pénalisait doublement l’auteur. Tout d’abord il ne pouvait pas faire passer ses messages puis il risquait des ennuis. Pouvant aller jusqu’à l’assassinat.

IB/ un voile d’intimité
La fiction matérialisée par l’étiquette « roman » apposée sur un livre peut être une manière pour l’auteur de se protéger. Ecrire un livre peut être une psychothérapie car il peut permettre d’extérioriser des peines. Ainsi, malgré que son ouvrage soit bel et bien un récit, l’auteur le présente comme un roman.

Un exemple de roman contemporain qui utilise ce procédé est les écureuils de Hyde-Park de Jean-Pierre MONTEIL.

IC/ Ne pas être bridé
Les écrivains peuvent être bridés par la stricte réalité, ou plutôt par ce qui est possible, que ce soit par les techniques ou encore les hommes.

Jules Verne a utilisé la fiction pour permettre à ses personnages de réaliser ce qu’il dépeint. Par exemple, dans voyage au centre de la terre les personnages remontent à la surface en empruntant une conduite d’un volcan en éruption, chose impossible. Toutefois, il ne faut réduire l’œuvre de Jules Verne à une succession d’événements impossibles car ce dernier était très en avance sur ses contemporains. En effet, ses thèmes, jadis de la fiction, sont devenus de l’ordre du réel. Par exemple, l’appareillage utilisé pour envoyer un homme dans l’espace dans son roman De la terre à la lune était dimensionné assez finement pour l’époque. Il en est de même pour le sous-marin du célèbre capitaine Némo dans Vingt milles lieues sous les mers.

II/ La fiction pour faire passer un message
IIA/ La fiction est plus intuitive
Les fables plaisent naturellement aux gens, c’est ce que La Fontaine nous apprend dans Le pouvoir des fables VIII-4 « Nous sommes tous d'Athènes en ce point ». Cet attrait naturel permet aux lecteurs de se défaire de certains blocages et points d’achoppement.

IIB/ Grossir le trait pour mieux comprendre
Sauf lorsqu’elles s’adressent à un public averti, les œuvres ont besoin d’être assez pédagogiques si elles ont pour vocation de faire passer un message. La fiction permet de grossir le trait et de rendre plus accessible le message d’une œuvre.

Dans Gargantua le gigantisme du personnage principal est une manière d’exacerber certains points comme sa démesure ou son apprentissage de la vie.

En outre, la fiction permet aux auteurs d’aller plus loin dans le tragique et la peur. En effet, étant fictive, l’histoire n’est pas reçue par le lecteur de la même manière. En effet ce dernier ne s’identifie pas aux personnages et à la situation de manière directe.

La fiction apparait alors telle un voile qui diminue d’autant pour le lecteur ses ressentis négatifs que l’histoire est improbable. De nombreux contes utilisent cette technique. Comme la Belle et la Bête ou encore Barbe -Bleue.

IIC/ Les Propagandes
Ce procédé, même s’il n’est pas l’apanage des ouvrages des propagandes, y est très utilisé. Que ce soit par les régimes où leurs opposants.

La ferme des animaux de George Orwell en est un parfait exemple. L’auteur y dépeint les dirigeants du régime soviétique en montrant leurs excès.

Les fictions soviétiques et nazies, dans les ouvrages ou les journaux, utilisaient beaucoup la fiction. Le peuple pensait d’ailleurs souvent que ces dernières étaient vraies. On citera par exemple les ouvriers modèles qui étaient dépeints sur des affiches, le marteau à la main. Ces derniers n’ont bien sûr jamais existé. Mais ils permettaient aux autres ouvriers de viser toujours plus haut, en termes de performance et de dévouement.

III/ La fiction nécessaire philosophiquement
IIIA/ La fiction pour poser un problème philosophique
Poser la question du rapport entre l’homme et l’animal n’est pas simple. Et avoir recours aux animaux est très intéressant. En effet, ces derniers,

Les fables de La Fontaine n’ont pas vraiment de portée philosophique. Mais la mise en scène d’animaux qui copient les hommes, notamment leurs traits les plus

IIIB/ La parabole
La parabole possède une portée philosophique et religieuse, nous pouvons citer celle de l’enfant prodigue. Où, une fois ruinée, il revient auprès de son père. Ce dernier l’accueille alors. Il existe de nombreuses autres paraboles, et la plupart n’ont jamais eu lieu.

IIIC/ Un outil philosophique
Des philosophes utilisent la fiction comme un outil philosophique. Cette dernière permet d’utiliser des objets philosophiques nécessaires à l’argumentation.

Rousseau a utilisé cette technique pour l’enfant sauvage. Il a inventé ce personnage dans le but de démontrer ses théories sur l’acquis et l’inné.

Kafka, dans la métamorphose, a mis en scène un homme devant un animal. Cette œuvre permet de voir l’attitude de sa famille. Cette dernière fait preuve d’un comportement ignoble, « animal », alors que l’être hybride (mi homme, mi animal) qu’est Igor (l’homme métamorphosé en animal) est très éloigné des clichés admis sur les comportements animaux.

Condillac, dans le traité des sensations, utilise le paradigme de la statue. Cette statue est, au départ, dépourvue de connaissances, elle est comme vierge de toute connaissance. Puis Condillac lui ouvre les portes des sens et il observe le déroulement. Il en tire pour conclusion que la sensation est à la base de tous les autres sens.

Conclusion


Grâce à la fiction, les écrivains ont un outil à la fois utile et puissant. Les raisons pratiques pour utiliser la fiction sont évidentes. Le recours à la fiction est très utile pour un écrivain. Ce dernier peut l’utiliser à de nombreuses fins. En effet, elle permet de captiver le lecteur et au moyen d’un jeu subtil de transposer le récit fictif à la réalité afin de délivrer une leçon ou une morale.

Tantôt une facilité, tantôt un outil indispensable, la fiction apporte au récit une force dont les écrivains militants ont su se servir pour dénoncer à mots couverts. Ainsi, la fiction revêt un caractère politique et elle est utilisée aussi bien pour manipuler que pour dénoncer.

Corollairement les écrivains évitent parfois délibérément d’utiliser la fiction. Cela permet de faire passer des messages plus divers et parfois plus crus. Mais cela dépend de l’écrivain. Les fleurs d’Hiroshima n’ont pas recours à la fiction, sinon le message serait affadit.

Le recours à la fiction est donc un outil pour l’écrivain. Il en est de même dans les autres arts. On peut citer par exemple : le cinéma, la peinture, la sculpture …


Dernière modification de prof.ziani, 17/05/2018 à 15h03
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Ancien 17/05/2018, 15h21   #3
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« l’homme à la cervelle d’or » d’Alphonse DAUDET



Introduction : présenter l’auteur et le texte en le centrant sur la problématique.
Alphonse Daudet , est né la même année qu’Emile Zola (en 1840) et dix ans avant Guy de Maupassant (1850) : voir simulation d’oral du bac « Le Horla » de Maupassant.

Né à Nîmes dans le département du Gard, il est mort en décembre 1897 (à l’âge de 57 ans) à Paris. C’est un écrivain et auteur dramatique français. Il est célèbre pour ses Lettres de mon moulin publiées en 1869. L’une d’elles, intitulée « La légende de l’homme à la cervelle d’or », est un récit personnel, de genre épistolaire (écrit sous forme d’une lettre) où il exprime tout d’abord sa tristesse d’avoir perdu un ami, puis dans un deuxième temps, il offre le cadeau (d’une légende mélancolique) racontant la vie d’un enfant, puis d’un jeune homme généreux abusé par ses proches parce qu’il possède un cerveau en or qu’il disperse naïvement. C’est un apologue d’abord paru dans L’Événement du 29 septembre 1866 (Un apologue est un récit qui a pour fonction d’illustrer une leçon morale qui peut être formulée explicitement).

I -Lettre en deux parties à une dame qui demande des histoires gaies.



Une lettre triste qui reflète le vécu et la tristesse de l’auteur (fonction affective).
Cadeau de la légende de l’homme à la cervelle d’or à la dame qui demande des histoires gaies.
II- L’épuisement de son or

La légende de l’homme à la cervelle d’or.
Cupidité des gens qui abusent de la générosité du personnage- auteur.
Explication du passage :

De genre épistolaire, Les premiers paragraphes simulent un dialogue : l’ épistolier qui s’exprime à la première personne du singulier écrit une lettre à une dame qu’il vouvoie « En lisant votre lettre, madame ». Elle est le destinataire : (c’est la personne à qui la lettre est adressée). De même, la lettre se termine par une formule de congés : »Telle est, madame, la légende de l’homme à la cervelle d’or ».

Dans cette lettre, l’épistolier exprime ses sentiments et les faire connaître à sa destinataire. Elle a ainsi dans la première partie une fonction affective importante. Bien qu’il s’étonne de sa tristesse : Pourquoi serais-je triste, après tout ? Il est anéanti pour différentes raisons : il broie régulièrement du noir : couleur un peu trop demi-deuil de mes historiettes, Paris qui lui envoie des éclaboussures de ses tristesses. Puis il est en deuil, il a perdu son ami Charles Barbara (qui lui inspire en partie la légende de l’homme ….) : je viens d’apprendre la mort misérable du pauvre Charles Barbara ; et mon moulin en est tout en deuil.

 

 



Puis débute la légende qui est une histoire vraie d’après son auteur : la légende de L’homme à la cervelle d’or commence par la locution verbale impersonnelle « il y a » et elle ne s’embarrasse pas de vraisemblance scientifique. L’enfant naît avec une cervelle d’or. C’est un enfant prodigue. Puis il devient un homme. Toute sa vie, ses proches en profitent (parents, amis et femme) que ce soit de manière consciente ou inconsciente. Toutefois l’homme à la cervelle d’or ne tire pas d’avantages de cette situation : il ne semble pas vraiment heureux (enfance gâchée, cupidité de sa famille et de sa femme, décès de sa femme) et connaît une fin tragique car il semble proche de la mort à la fin du conte.

Conclusion

Cette nouvelle peut se comprendre en partie par cette phrase, : « Il y a par le monde de pauvres gens qui sont condamnés à vivre de leur cerveau et paient en bel or fin, avec leur moelle et leur substance, les moindres choses de la vie. C’est pour eux une douleur de chaque jour »

Ces pauvres gens, ce sont les créateurs, les écrivains dont c’est le métier, qui souffrent chaque jour pour produire et gagner leur vie. L’homme à la cervelle d’or est donc une métaphore des écrivains (A Daudet et Charles Barbara) qui créent leurs œuvres en épuisant leurs ressources intérieures, jusqu’à ce que celles-ci soient anéanties. Ils signent alors leur mort (réelle ou artistique).

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Publié par Béatrice
Professeur de français particulier à domicile et à distance (via Skype et courriels) jusqu'au bac, je suis également correctrice d'écrits littéraires et de mémoires jusqu'au Master à Montpellier et dans ses environs.
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Conseils généraux d'analyse de texte, Cours pour les lycéens, Mes conseils lecture, Oral du bac
bonne introduction au commentaire de texte, d'Alphonse DAUDET, Emile Zola, Guy de Maupassant (1850)., l'homme à la cervelle d'or, Lettres de mon moulin, Oral du bac, Oral du bac français, plan détaillé de votre explication
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